Auch-Rugby-Gascogne

Site non Officiel du FCAG
 
AccueilAccueil  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Anniversaire de "Un Pour Tous"!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Sebastien
Langue pendue


Nombre de messages: 1640
Localisation: http://www.trobizar.com
Date d'inscription: 29/04/2005

MessageSujet: Anniversaire de "Un Pour Tous"!   Mer 28 Oct - 18:19

Filez vite sur ce lien. Et réservez votre soirée du 14 novembre) Very Happy
http://tous-pour-xv.dynamicforum.net/annonces-officielles-upt-f8/l-anniversaire-un-pour-tous-tous-pour-xv-t1719.htm
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.loygue.com En ligne
Sebastien
Langue pendue


Nombre de messages: 1640
Localisation: http://www.trobizar.com
Date d'inscription: 29/04/2005

MessageSujet: « Un Pour Tous » naissance d’un club.   Ven 30 Oct - 19:20

« Un Pour Tous » naissance d’un club.
Voici ce qu’écrivait Eric Gleyze, dans « L’année magique ». Il avait 20 ans !
-------------------------------------------------------------
Quand le rugby des champs retrouve celui des chants…

Orgueil ? Non…

Dédain ? Presque, mais cela n'expliquerait pas la fidélité, l'attachement.
Fierté ? Pas tout à fait, sinon l'engagement serait plus explicite.
Exigence ? Pourquoi pas, après tout ?

Comment pourrait-on qualifier, en effet, le sentiment que ressent le public auscitain envers son équipe fétiche, le FCAG ? Car la chose est particulière. Depuis un demi-siècle au moins, ceux qui ont porté le maillot n'ont que très rarement failli à l'ouvrage; très souvent, ils ont pris le chemin de la victoire, sinon celui du courage et de l'abnégation. Chaque décennie a apporté son lot de victoires et de satisfactions. Voyez plutôt…. Un an après l’inauguration du Stade de Mathalin, le Football Club Vélo Auscitain remporte le championnat de 2ème série des Pyrénées et accède à la 1ère série. Le FCA grimpe alors dans la hiérarchie ovale avec un titre de champion de Promotion en 1928, bientôt suivi d'une accession en Honneur puis Excellence. Il se stabilise dès lors dans l’élite du rugby et la ville d'Auch, auréolée du titre de "ville la plus sportive de France " décerné en 1964, voit l'équipe de Jean Le Droff accéder aux quarts de finale du Challenge Yves Du Manoir en 1964-65 et du Championnat de France en 1969-70 avec pour entraîneur Jean Ducousso et un certain Jean-Claude Skréla dans le pack.

Avec une constance inégalée, le petit poucet se paie le luxe de faire tomber sur son herbe tous les ténors du championnat, au premier rang desquels le club de la décennie : le Stade Toulousain, venu cinq fois consécutivement brouter l'herbe grasse du Moulias, il y a seulement une dizaine d’années. Serge Milhas et Stéphane Graou connaissent les joies des sélections nationales. Stéphane Graou disputera d’ailleurs deux matchs contre les Sud Africains. Un titre de Champion de France de Pro D2 est acquis de haute lutte en 2004, le Bouclier Européen est remporté en 2005. Parcours exceptionnel pendant la saison 2006-07. Respect gagné sur tous les terrains.

Pourtant…

Pourtant, malgré une progression honorable et une présence constante parmi les meilleurs clubs de la nation depuis si longtemps, l'Auscitain, le Gersois, n'est pas très "expressif" quand à son soutien envers le club. Autrement dit, même si le gars au béret est fier de son équipe, il ne le montrera pas en tribune, ne « supportera », au sens actuel, que peu, et n'hésitera pas à critiquer. Et dans le même temps, pour rien au monde, il n'échangerait sa place en tribune Marathon ou Honneur. Alors, oui, peut-être que l'exigence est ce qui caractérise le mieux l'aficionado du Moulias. Attention, ceci n'est bien sûr pas une généralité mais plutôt une tendance qui se dégageait lorsque j’ai découvert ce stade, il y a peu : j’ai vingt ans !

Pourtant, quand arrivent les phases finales, la ville et le département connaissent un engouement sans équivoque du public, comme lors de la dernière finale que le FCAG disputait au Stade du Hameau face à Bayonne. Nombre de drapeaux étaient alors sortis. On voyait des spectateurs inhabituels, sous-entendu des personnes qui ne venaient pas au Moulias. Des non spécialistes en rugby avaient fait le déplacement à Pau. Ils étaient bel et bien là, pourtant, déguisés, maquillés aux couleurs rouges et blanches de leur ville. Contraste étonnant qui deviendrait.... détonnant quelques mois plus tard !

En effet, l'expression "supporters du FCAG" relevait il y a peu de l'antithèse, voire de l’oxymore (à quelques vrais passionnés près, rendons ici hommage aux Diables Rouges); à présent il s'agit au contraire d'un doux euphémisme. Qu'est ce qui a donc changé ? Aujourd'hui, les "bérets noirs", comme on les appelle, (mais si, vous savez bien, ceux qui s'acharnent à résister au changement en prétextant "qu'avant, c'était mieux" et qui critiquent tous ceux qui osent) hé bien, ces « bérets noirs » viennent au stade depuis quelques mois avec l'écharpe, le béret rouge, la casquette ou le t-shirt, rajeunis, vraiment heureux de montrer leur soutien au club. De mémoire d'auscitain, il s'agit d'un miracle ! Toutefois, admettons quand même que dès que l'équipe vient à lever son emprise sur le jeu, la langue fourche et les mots dérivent assez vite, mais en bien moins grande proportion qu'auparavant...

Ce qui a changé

Ce qui a changé ? C'est la mobilisation du public. Il semblait, malgré tout, que chaque supporter, en majorité des moins de 40 ans, aurait eu envie de crier "Allez AUCH" ou de chanter la gloire de son équipe, mais, sous prétexte qu'il pensait être le seul à vouloir cela, le quidam taisait ses envies et ses sentiments, frustré. Une fois sorti de l'enceinte du stade, il râlait qu'il n'y avait "pas de public à Auch"... Qui ne l'a jamais dit ou entendu ? Deux évènements, donc, sont venus casser cette spirale négative: la saison exceptionnelle 2006-2007 du FCAG, si émotionnellement étouffante, et la dynamique, engagée par quelques « pégarres » des tribunes qui ont aidé les "frustrés de Marathon" à se libérer. En effet, le supporter se fond dans le moule du Moulias, tout de rouge vêtu, comme le copain d’à côté, et sait que s’il ose chanter il sera suivi par ses voisins de chambrée. Au contraire des années précédentes, où l’hétérogénéité de l’habit faisait que l’homme était plus facilement reconnu, et donc bridé par les « qu’en dira-t-on ? ».

« Tous en rouge ! »

Mais comment cette machine s’est elle mise en route ? Comment le public auscitain a-t-il muté si brusquement depuis sceptique et ronchon jusqu’à fervent et enthousiaste ?

A l'aube de la saison 2006-2007, avant même que le Soleil PRO D2 ne se lève sur les mornes plaines des vacances, soit lors des matchs amicaux de début de saison, les rugbymen de Parme et d'Agen se sont succédés au Moulias; et même si la venue de l'ogre Lot et garonnais faisait figure de match de gala, c'est la rencontre face à Parme, participant à la Heineken Cup, qui servit de veillée d'armes: dernier match avant l'ouverture du championnat, le 2 Septembre, dernière semaine avant d'entrer pleinement dans ce championnat que Tout le Gers attendait... Et pour cause: qui ne se souvient de la demi-finale, à Maurice-Boyau, contre Dax, perdue à l'ultime seconde ? Le Gascon n'est pas rancunier, certes, mais il a bonne mémoire.. Alors, l'envie d'en découdre après deux mois de repos, l'invivable frustration de la saison dernière,... trop c'était trop: il fallait repartir au combat dans ce championnat si haletant, tant le niveau des équipes est homogène; oh, bien sûr, Dax, Béziers seront les favoris, mais Toulon et Lyon ont chanté tout l'été, en recrutant à qui mieux mieux, mais au delà de ça, qui imagine pouvoir aller gagner à Oyonnax, à La Rochelle, à Gaillac, les vaillants promus, à Pau, la Section qui redescendait de TOP 14 ?

Et Auch dans tout cela ?

Toujours « autant » (entendez si peu) de moyens, et pourtant... Pour preuve que ce club est imprévisible: chaque année, les cartésiens s'insurgent du manque de sous d'Auch, et à chaque fois ils finissent par se dire "et pourtant..., ces auscitains, ils sont encore là où on ne les attend pas...". L'espoir d'accéder à la division supérieure, l'espoir d'embêter les "Grands" avec notre bourse étroite, l'espoir d'étonner, l'espoir de détonner: peut-être est-ce cela qui nous pousse... Surprendre.

Le FCAG a une équipe qui surprend, en effet, à chaque match, par sa combativité, son courage. Mais s'il y a bien une chose qui n'étonne pas au FCAG: c'est son public; toujours le même: morne, triste, silencieux, houleux parfois, contre un arbitre ou un joueur qui ne respecte pas les règles du « on est chez nous ici !"; et pourtant...

A la veille de Auch-Parme, donc, et j’y reviens, à l'ombre des saules du Lac de l'Isle-Jourdain, poussée par cette frénésie que l'on ressent avant d'entamer le championnat, une idée fit surface. Et une certitude aussi: celle que ce sont les plus simples qui soient souvent les meilleures, du moins les plus efficaces. Pourquoi ne pas demander, par exemple, aux spectateurs de venir tout de rouge vêtus ? Pour prouver leur attachement au club, à cette équipe qu'ils suivent assidûment. Et surtout ne les engager à rien: juste porter un vêtement rouge, sans forcément passer par la boutique du FCAG, ce qui serait contraignant pour certaines bourses. Non, zéro contrainte. Après tout, quel joueur auscitain n'a rêvé de gagner sur "son" Moulias, devant un public tout en rouge, aux couleurs de son maillot, celui pour lequel il est fier de défendre, de plaquer à tour de bras ?

Entre deux bouchées de sandwich, j'appelle un dirigeant du club, féru d'animations, qui rêve, lui aussi, d'un Stade haut en couleurs, riche en supporters, en chants, bordé de drapeaux, bref un Stade heureux et enthousiaste, un Stade qui vit; d'ailleurs, ce même dirigeant aura très largement contribué à faire du Moulias un lieu de vie et de fête en créant le Pôle Animation et son chapiteau de 150 m², aujourd'hui rempli de bodegas et de supporters. Il m'encouragea vivement dans l'initiative, mais eut pour don de me piquer au vif, lorsqu'il m'annonça par trois fois, qu’il avait déjà tenté de colorer notre cathédrale en herbe, et que les communiants, à chaque tentative, n’avaient été que peu nombreux à suivre sa procession...

Le Gascon est têtu, parait-il…

Encore faut-il le prouver ! Voilà un challenge comme on aime, au FCAG: "ils ne savaient pas que c'était impossible; alors ils l'ont fait" parait être un précepte adéquat dans ce cas-là... Par contre, dans toute entreprise, si délicate soit-elle, l'engagement me semble être la première des règles: il est rare que l'on réussisse avec pour seul arme une baguette magique !

Ca y est, l'idée mûrit, se développe: mon plan est prêt, l' "Opération Tous en Rouge pour Colomiers", en référence au voisin Haut garonnais qui se déplaçait à Auch pour débuter le championnat, est en route ! Et pour le faire savoir, tous les moyens sont bons: presse, radios, forums Internet, tracts, bouche à oreille, prières païennes, venins de serpents, incantations à la lune... Pour rendre crédible l'opération, j'avais besoin qu'elle soit appuyée par les médias et par un public jeune et enthousiaste. Pour la presse, la réponse fut immédiate, et le communiqué que je fis parvenir à la rédaction de La Dépêche fut publié en entier, occupant une belle place en pages locales. Le journal rajoutait même qu'il organiserait une séance maquillage pour marquer la journée de son empreinte... Ensuite, pour trouver la cible de l'opération, rien de mieux que d'utiliser le canal de communication que les 20-35 ans affectionnent tout particulièrement: Internet. Et le FCAG a la chance de compter parmi ses fidèles un féru d'informatique qui créa un forum, consacré au club et à ses prouesses. L'accueil réservé au projet fut faible au départ, puis grandissant au fur et à mesure que l'échéance approchait. Tous les jours, de nouveaux membres relayaient la cause de l'Opération, entretenaient l'enthousiasme, et utilisaient cette vieille corde usée, mais efficace, du bouche à oreille. Ainsi, avec Jérémy Baurens, ami de 10 ans, une véritable encyclopédie du FCAG sous la casquette à lui tout seul, quelques centaines de tracts furent distribués dans la ville la veille et le matin même du grand jour, puisque Jour de match, au Moulias !!

Une chose est sûre: l'attente fut longue jusqu'au coup d'envoi... Les gens allaient-ils suivre le mouvement ? Même, à certains moments, on se fait tout petits dans ces cas là, et on se dit: "et si cela ne marchait pas ??"; dans de tels instants on se rappelle tous les détails négatifs: le public est inerte, vieux, ne bouge pas... Dures, dures, les dernières minutes… Et puis, lors de l'ultime quart d'heure, on voit une, puis deux, trois personnes en rouge, et on essaye de se rassurer..." Tu vois, ce n'est pas si mal... pour l'instant....", faussement heureux... Enfin, tout le monde arrive en même temps: hommes, femmes, enfants dans les tribunes, chacun se bouscule, histoire de reprendre les bonnes vieilles habitudes, assorties des dysfonctionnements de début de saison: "Hé, c'est ma place !!" "Mais non, regarde ton ticket..." La pression monte: celle de la rencontre, mais aussi celle de la réussite (ou non) de l'Opération « Tous en Rouge » !...

Arrive le coup d'envoi, Anthony, concentré, tape dans le ballon; de mon côté, je lance un coup d'oeil furtif aux tribunes "d'en face", par peur du résultat, comme on trempe à moitié un doigt dans l'eau du bain du bébé pour voir si elle est chaude; et comme la température parait satisfaisante, on se risque à regarder quelques secondes de plus: VICTOIRE, une écrasante majorité du public avait sorti bérets, t-shirts, polos ROUGES. Et dans ces moments-là, on se dit:"Il y a du potentiel dans ce public...". Et pourtant, au départ...

Forum en ébullition…

Les jours suivants, le forum était en ébullition, jouissant d'un beau satisfecit, tant pour la victoire sur Colomiers que pour ce beau sursaut d'orgueil du public... Mais, si on se rappelle bien du commencement, nous avions une chambrée peu enthousiaste, et cela ne se change pas comme ça... En effet, pour le match suivant, face aux Landais de Mont-de-Marsan, je ne fis pas de battage médiatique autour de Tous en Rouge. Résultat décevant: le temps était à la pluie, et Tous en Rouge était à l'eau. On comprend alors que la partie sera dure, et qu'il faudra réussir un exploit à chaque match pour créer de l'animation. Du moins seul. C’est là que surgit l'étincelle qui vint ranimer la flamme et faire s'embrasser notre orgueil: 20h14, coup de sifflet final, Henry Broncan se tourne vers le public de la tribune Honneur, et, la casquette à la main, s'exclame à qui veut l'entendre: "Vous avez bien dormi, oui ?". Le sang des néo supporters ne fit qu'un tour: il y aurait une réponse, et ce, dès le week-end prochain. Promis.

Le Hameau, siège du match suivant, verra une bande d'illuminés perturber le match: des "Allez Auch", des " Auscitains, auscitains,..." semblaient vouloir s'imposer au milieu de la masse verte et blanche... Mieux, on aurait même dit que les drapeaux rouges voulaient tenir tête au public palois désabusé... Henry voulait une réponse: il l'a eu ! De plus, le FCAG s'est imposé: la fête n'en fut donc que plus belle, et les deux victoires, celles des supporters et celle de l'équipe soudent le groupe auscitain. En plus quelque chose me dit que cela n'est pas terminé...

Sur le forum ( http://auch-rugby.forumactif.com ),

je proposais sur le champ (le bonheur est dans le pré, dit-on...) à tous, de confier leurs propositions quant à une idée, pas chère, efficace, afin de pérenniser et donner un nouveau souffle à « Tous en Rouge ». Parmi l'une d'entre elles, qui m'échappa au début, celle de réaliser des drapeaux et de les distribuer au public. Ne croyant guère au projet, j'écris quand même à l'illuminé qui proposait cela. Mais l'idée faisait son chemin et il insistait... Si bien que le samedi suivant, Thierry, le fou aux drapeaux, et quelques autres, issus du forum, des tribunes Marathon, enrôlés de force... dont Franck, infatigable militant du FCAG, Christophe, Sébastien, Jérémy et moi-même, nous nous retrouvâmes dans un bar auscitain, le matin du match avant Oyonnax... Ironie du sort: ces mêmes personnes, à une exception près, composeront le bureau de l'Association "Un pour Tous, Tous pour XV", dont le local serait... ce bar...

Résultat:

on peut dire qu'il fut visible: 200 drapeaux rouges, fabriqués main, sont venus enflammer la Tribune Marathon: depuis la tribune d'"en-face", on aurait dit qu'elle prenait feu: des centaines de flammes, ou plutôt d'oriflammes, s'agitaient au gré du vent de l’enthousiasme. Est-ce cela, le feu de la passion? C’en fut un bel exemple, je crois. Nous apportions les bûches, le pétrole et les allumettes, et le FCAG provoquait l'étincelle: le plus dur à obtenir et pourtant si indispensable. Comme on prend du plaisir à regarder un feu d'artifice un 14 Juillet, là nous étions heureux de voir les supporters se libérer, se lâcher, la tribune s'embraser, dans un feu qui n’était pas d'artifice mais bien sincère. Enfin ! Et au-delà de ce simple fait il était courant de voir des personnes si calmes, si sereines d'habitude, qui vivaient jusqu’alors les matchs très "intérieurement", sans sembler dégager d'émotions, et bien les voilà qui ce soir là ont fait jour, en pleine nuit, de leurs sentiments, de leur joie, de leur plaisir.

Changement de mentalités.

Mais pourquoi donc ce soudain changement d'attitudes, et, peut-être plus profondément, de mentalités ? Loin de moi l'idée de m'autoproclamer "psychiatre pour supporters" ; on peut néanmoins discerner quelques raisons plausibles. Dans une ville longtemps qualifiée de bourgeoise, de part le peu d'usines qu'elle héberge, et du grand nombre d'administrations liées au statut de Préfecture du Département, cela n'était pas dans les moeurs de se laisser aller à l'euphorie générale ; on préférait prendre du recul avec une équipe qui joue « un jeu de voyous"; ce qui est parfaitement hypocrite, dans la mesure où le public était fidèle, et donc intéressé. Et pourtant, ce soir là, tout le monde était habillé en rouge, quelque soit l'âge, le sexe, la profession, le milieu: il est ainsi plus facile de passer inaperçu, et tiens, pourquoi ne pas en profiter pour céder aux joies du spectacle... ? Combien de personnes refusaient de s'extasier publiquement, par crainte de remarques au retour "au bureau" le lundi ? Là, dans les tribunes du Moulias, plus aucune différenciation, juste un homme, juste le 16ème homme, et Tous en Rouge et point barre. Pourvu que ça dure !

Quand le lundi avant le match, il n'y a plus de places à vendre, c'est qu'une énorme affiche se profile. Et pour cause, Toulon, et sa flotte d'internationaux, anglais, sud-africains, australiens, français, débarquent au Moulias ce 22 Octobre. Un vague souvenir de 1993 remonte aux narines, et l'on se remémore les De Rougemont, Champ, Delaigue et autres Merceron. Ce soir-là, les Rué, Crenca, Delaigue encore, Henderson, Luger arrivent en grande pompe, précédés de puissants coups de trompettes annonçant l'hallali et la fin de l'hégémonie auscitaine sur le championnat de PRO D2. Pourtant, ce soir encore, point d'hallali mais plutôt "Lalala", et ce seront les supporters auscitains qui chanteront. Ils le méritent, à l'image des joueurs du FCAG, vaillants en diable tout au long de la partie. Le pseudo rassemblement de supporters (dans le bar que l’on sait) avait accompli la prouesse de préparer plus de 400 drapeaux nouveaux. Et, pour les préparer, nous n'étions plus 6 mais une quinzaine !

Mais pour continuer à vivre, pour progresser, pour proposer à chaque match des animations meilleures, plus variées, plus grandes, pour soutenir ce FCAG qui entraîne son public dans une dynamique incroyable, il fallait se structurer: les fonds privés, même donnés de bon coeur, pour financer les centaines de drapeaux, ne constituaient pas une solution viable; et quoi de mieux pour optimiser que d'ordonner ? L'idée qui germait et tentait ce petit groupe de supporters, désormais attendus au tournant, devait éclore et voir le jour. C'est ainsi que le 3 Novembre,"lendemain du jour des vivants", il fut proposé à tous ceux que cela intéressait de venir participer au développement des animations en tribunes, et à la naissance d'un club de Supporters, « Un pour Tous, Tous pour XV ».

Le bureau constitué, un seul mot d'ordre: au boulot ! Beaucoup de personnes se demandaient qui pouvait bien être ce groupe de supporters mystérieux qui colorait le Moulias, le faisait chanter, encourager, lui donnait une âme ? A présent que ce groupe est officiel, plus question de reculer ! D'ailleurs, notre ligne de conduite est claire: une animation par match dans les tribunes, pas moins ! Et bien sûr, organiser le déplacement des supporters, pour montrer à nos "garçons" qu’on les aime, comme on les appelle chez nous, tellement le public gersois s'est pris d'affection pour cette équipe, qu'on pousse avec eux sur chaque mêlée, chaque mêlée enfin ouverte.

Notre premier déplacement fut...

le court mais majeur voyage à Tarbes, à Maurice Trélut. Plus qu'un banal rassemblement au pied du bus, cet après-midi constituait le rassemblement populaire des supporters auscitains qu'on attendait tous depuis plusieurs années. Des jeunes, des "toujours jeunes", des moins jeunes, des femmes, des enfants, des anciens, d'ici ou d'ailleurs, de d'autres clubs de supporters ou des néophytes, on vient même d'Angoulême pour prendre part à la fête !! On le sent, la connivence est là, les regards sont complices, le verbe est haut, la parole est chaleureuse et prolixe: on sent bien que toute cette passion a été bridée pendant des années et qu'aujourd'hui, dans les tribunes de Maurice-Trélut, un groupe allait naître, uni par cette envie commune de faire se transcender les joueurs du F.C.AUCH GERS. Le stade du Moulias, euh, Maurice-Trélut pardon, vit son béton trembler devant notre entrée triomphante, limite orgueilleuse (les Gascons, orgueilleux ??? Non!!!!), de ces intermittents du spectacle que nous étions. Chacun, armé de son précieux sésame et de beaucoup de courage, rentra la tête haute dans Trélut, au son de l'inévitable hymne auscitain "Auscitains, allez allez allez !!!!".... Je crois, sans me tromper, que c'est le rêve de tout supporter auscitain...

Un instant de silence, comparable à une éternité.

La musique se fait plus rutilante, l'impatience guette: trois semaines de préparation intense allaient se réduire à une prestation de deux heures. Un instant de silence, encore, comparable à une éternité, et les voilà !!! Les Gersois sont là !!! Comme un seul homme, notre groupe se lève: bras levés, banderoles au vent, la raison s'efface et, seul le choeur se met à parler: "Auscitains, Auscitains" est scandé, le rituel est en marche, "Un pour Tous, Tous pour XV" est définitivement là !!! Une minute de pur bonheur, tout simplement. Le bonheur est indescriptible: il se vit. Le match dans les tribunes fut, à l'image de l'engagement des joueurs sur le terrain, constant, permanent, d'une grande intensité, forcément violent, passionné. Chaque point encaissé est une catastrophe, chaque point marqué, une délivrance.

Fin du match: la réaction est unanime: les regards et les bras sont tendus vers le ciel, le remerciant que ce jour-là, il n'y eut pas plus de vent: l'artificier Tarbais, Fabien Fortassin, manqua un drop de 40m en coin qui heurta le montant droit et une pénalité de 60m qui, d'une parabole parfaite, vint mourir à une poignée de centimètres de la transversale. La suite est désormais classique (profitons-en !!) mais inaltérable quand même: l'honneur est sauf, le maillot est intact, mais restons humble: c'est l'équipe tarbaise qui nous posa le plus de problèmes ces dernières années...Et puis vint le moment de la communion avec les joueurs: instant aussi court qu'intense. Savourons la joie de ce groupe, partageons ce bonheur que procure une victoire difficile, où chaque détail compta. Célébrons la chance qui a tourné ce soir-là, comme le vent, ce soir de victoire, en notre faveur, ces petits riens qui font tout, ces poussières qui font notre bonheur. Liesse, allégresse, on se serait cru un soir de finale du PRO D2, gagnée, place de la Mairie, les joueurs au balcon de l'Hôtel de Ville. Sauf que là, ils sont dans les vestiaires et que l'entrée qui y mène est étroitement surveillée... par une centaine de supporters auscitains. Plus de 30 minutes avant que ne sorte le premier joueur, « Un pour Tous, Tous pour XV » était là, au grand complet, scandant à qui voulait l'entendre l'hymne auscitain, l'hymne de la victoire ce soir. A partir de là, il n'y a plus d'heures, plus de timing, juste la fête. L'heure, quand même, des klaxons, des chants, des sourires, des sentiments de devoir accompli.

Bientôt, la saison va s'accélérer,

et à chaque fois, on se doit de répondre présent: ainsi, se sont succédées au Moulias des opérations toujours plus importantes: le premier tifo du Moulias interviendra pour la venue de Béziers, alors second du championnat, pour un match télévisé qui plus est. Les supporters déguisés en "Père Noël" à l'occasion du dernier match de 2006 (réception de Bordeaux) seront un petit clin d'oeil au parcours du FCAG, qui nous offrait le plus beau des cadeaux, la solidarité, au pied de notre sapin, la tribune Marathon... Au pays de la fête et du bon vivre, il est naturel de partager de grands moments de convivialité: ce sont d'excellentes soirées qu'il y a à vivre, en compagnie des clubs de supporters amis, comme ce fut le cas à Colomiers, à Toulon, qui ont su mettre de côté le nom de nos clubs respectifs et nous ont accueillis comme on accueille des amis: sans fioritures, sans superficiel, juste l'émotion, sincère. Là, pas de guerres, ni de critiques sur les joueurs ou le corps arbitral: juste le plaisir réciproque d'avoir rencontré des personnes passionnées et respectueuses, convaincues que le stade ne doit pas être un défouloir pour sa petite personne, mais bien un endroit de partage et de convivialité où l'on vit ensemble, avec sa famille, ses amis, les joies mais aussi les peines, de garçons qui par leur savoir-faire, leur savoir être, leur feeling, leurs qualités, leurs hésitations, nous font vibrer. Qui n'a jamais explosé de joie lorsque Benoit Bourrust se fait l'indispensable finisseur d'un travail d'équipe, d'usure, de burinage du rock adverse ou encore lorsque Frédéric Couzier esquisse un de ses mystérieux crochets et entame une contre-attaque à la Blanco de plus de 40m, mettant au supplice les plaqueurs adverses ? N'est-ce un signe extérieur de passion ?

A suivre dans « L’année magique » - avec Google, ça aide…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.loygue.com En ligne
Sebastien
Langue pendue


Nombre de messages: 1640
Localisation: http://www.trobizar.com
Date d'inscription: 29/04/2005

MessageSujet: Re: Anniversaire de "Un Pour Tous"!   Mer 18 Nov - 18:52

Juste une précision : pour cette féria réussie (le troisième anniv de "Un Pour Tous") : c'est Thierry Firmino qui a tout agencé. Depuis l'achat des sets de tables jusqu'au choix du groupe vocal, sans oublier d'assurer la mise en lumière des nominés "Gascons du jour et pour toujours".

Plus facile de payer 15€ et de s'assoir (ce que j'ai fait)...
Alors que chaque adhérent d'"Un pour Tous" courait partout...
Les grandes gueules volent parfois (souvent ?) un peu (beaucoup ?) le travail des artistes. Shocked
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.loygue.com En ligne
 

Anniversaire de "Un Pour Tous"!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Auch-Rugby-Gascogne :: Catégorie à modifier... :: AUCH RUGBY PRO D2 2009/2010-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet