Non, rien n'est fini, Constance.
À six contre un dans les pronostics, Auch ne devait pas passer à Mont de Marsan sans déculottée. Mais c’eût été sans la petite magie qui nimbe cette équipe auscitaine d’une aura souriante à qui la chance répond : « Tu peux y aller, je suis avec toi ». On la dirait à l’aise en rugby ; elle fait penser à un jeune homme sortant de chez son tailleur et immédiatement souple dans son nouveau costume.
Déjà, pour aller au plus court et ne serait-ce que contre Agen, et malgré certains titres auxquels la presse n’a pu résister, dans le genre « On n’a pas chanté sous la pluie », déjà là, des glissades comme les enfant les font à pieds joints dans les flaques, des plongeons jubilatoires, des percées à la Ricaud faisant penser, lui, à un têtard pressé de remonter les balles à coup de flagelle dans la marre où naîtront bientôt les grenouilles, déjà des shisteras le long de l’aile, déjà une vibrante énergie qui ferait échapper le FCAG aux évidences, en l’espèce qu’il y avait entre Agen et Auch une division d’écart..
Et bien, tant pis, et malgré cela, malgré les trombes, malgré les cris des mères « Arrêtes de te tremper, comment je vais rattraper tout ça ? », malgré l’interdiction de perdre à la maison, les rouges et blancs jouaient d’abord au rugby. On verrait bien après.
Ce fut l’occasion de passer de la rage à la joie. Impuissante pendant deux saisons, la rage n’avait rien donné ; restait à tenter autre chose. On imagine le dialogue des entraîneurs en début de saison : « Bon, vous vous êtes peut être un peu ennuyés ces derniers temps ? » Réponse : « Ben, oui ! ». Sur quoi on entend « Maintenant, je vous propose d’essayer autre chose.. »
Le FCAG essaie donc autre chose, et cela lui va. Cette ‘autre chose’ ressemble au jeu que nous aimons tous. Elle ne passe pas par le mépris de l’adversaire, par des votes pour stigmatiser des « ridicules » comme le voudrait LB incapable d’actionner sa pompe aux flatteries sans en même temps souffler son mépris et sa haine pour quelqu’un.
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on n’entend plus parler (côté entraîneurs) de « plus petit budget du championnat » (ce qui ne serait d’ailleurs pas vrai). Non, cette saison ne s’adosse à rien de négatif pour que le rugby auscitain vive.
