http://www.sudouest.com/210507/festivals.asp?Article=210507aP445922.xmlAUCH - NARBONNE. --Sous les yeux de nombreux supporters qui avaient fait le déplacement, les Espoirs auscitains se sont qualifiés pour leur première finale de l'histoire du club dans cette catégorie
Ils font comme les grands:Fabien Jans
La fête est donc loin d'être terminée pour le FC Auch-Gers et ses supporters. Hier, les Espoirs du club ont rajouté un peu de « rab » en se qualifiant pour la finale du championnat de France, grâce à leur victoire (21-9) sur leurs homologues narbonnais.
Comme prévu, les spectateurs s'étaient déplacés en nombre. Parmi eux, on comptait quelques joueurs, habitués de la « une », mais qui sont tous passés par la case Espoirs avant de s'imposer dans le groupe de la Pro D 2. Jérôme Cholley, Nicolas Sentous, Yoann Marty et autre Benoît Bourrust étaient donc dans les tribunes.
Plus discret, mais pas moins heureux de la victoire auscitaine, Henry Broncan avait choisi la main courante. Si la finale, face à Montpellier, se déroule dimanche, nul doute que l'entraîneur sera dans les parages.
Feilles juge bien. Il est en tout cas venu féliciter joueurs et staff de cette équipe, qui a démontré hier qu'une supériorité physique, voire technique, ne suffisait pas toujours en rugby. Les Narbonnais, après une entame compliquée, se sont en effet montrés très à l'aise ballon en main. Mais forts devant, ils ne se sont portés que rarement vers le jeu au large. La faute à une défense gersoise collante, voire gluante, dont ils n'ont jamais su se dépatouiller. Seul l'ouvreur Fournic a pu faire admirer son incroyable coup de pied en passant trois pénalités de plus de cinquante mètres en seconde période.
Mais le mal avait déjà été fait. Notamment lors d'une entame qui a presque fait croire à un match facile pour les Gersois. Lesquels ont, comme leurs aînés de la « une », profité de leur supériorité en mêlée fermée pour châtier l'adversaire. Omniprésent, Alexandre Ricaud est notamment souvent parti au ras, ramassant le ballon et faisant apprécier sa puissance physique. Le jeune Benjamin Feilles a lui, fait montre de belles capacités d'analyse. Sur le premier essai, il a notamment bien jugé l'anticipation des Narbonnais vers le jeu au large. Il s'est donc engouffré dans la première intervalle. Le décalage était réalisé, encore fallait-il conclure. La passe au pied de l'ouvreur pour Pierre Aguillon est parfaite (7-0, 9e).
Deux pénalités de plus pour Feilles et Auch a déjà creusé un écart définitif. Le deuxième essai de Sébastien Bruère, dans les dernières secondes, n'est qu'une belle cerise sur un immense gâteau pour les Auscitains. Il est un nouveau clin d'?il à cette équipe première, puisque tout part d'une « Gers 2 », combinaison en touche rendu fameuse par Brice Salobert qui a inscrit deux essais grâce à elle, en début de saison en Pro D2.
Durant la rencontre, les similitudes en Espoirs et équipe « une » se sont d'ailleurs multipliées : «Il faut bien comprendre qu'à Auch cette saison, il n'y avait pas deux équipes, mais simplement un groupe de 45 joueurs qui avaient le potentiel pour tenir leur place en Pro D2 », explique Pierre Aguillon qui sait d'ailleurs de quoi il parle.
Néanmoins, un fort esprit de camaraderie s'est forgé, au fil d'un championnat au cours duquel il aura fallu surmonter les difficultés une à une. Pour certains joueurs comme le demi de mêlée Christophe Clarac, cette finale vient comme une bouffée d'air frais : « ça me sauve la saison, lâchait-il hier. Cela n'a pas toujours été facile pour moi cette année. Alors là, j'en profite au maximum. »
Le public suivra. Alexandre Ricaud, lui, a ravalé sa déception de ne pas avoir pu jouer devant sa famille avec la première, lors du déplacement à Bègles : « C'est oublié. Cette équipe Espoirs est formidable. Je suis heureux de pouvoir jouer cette phase finale avec un capitaine comme Justu (Justumus) et un gars comme Campo qui motivent les autres comme des fous. J'ai plus joué avec eux cette saison, qu'avec la première. Alors si nous remportons la finale dimanche prochain, je serais sans doute plus champion de France Espoirs que de Pro D2 ».
Ce sera en tout cas la première finale de l'histoire du club dans cette catégorie : « Ce qui prouve que le FCAG possède le meilleur centre de formation de France », lâche sans ambages le grand deuxième ligne, maître de la touche, Kanoukounou.
Le public, pas blasé pour deux sous, suivra. Ils devraient être très nombreux, la semaine prochaine, à soutenir les leurs jusqu'au bout quand ils batailleront face aux Montpelliérains, afin de les aider à réaliser un doublé historique. Et faire la fête, encore, encore et encore.