AUCH. --Après le titre de champion de France Espoirs du FCAG, l'entraîneur, Mike Lebel, revient sur une «saison difficile où les joueurs n'ont pas été ménagé». Il ignore encore s'il sera à Auch l'an prochain
http://www.sudouest.com/300507/festivals.asp?ArticleRet=290507aP475382.xml&Article=290507aP476275.xml «Les dernières minutes de ce match ont été terribles ». Mike Lebel, entraîneur des Espoirs du FC Auch Gers, s'en souviendra longtemps. La finale du championnat de France que ses garçons ont remportée dimanche après-midi à Mazamet a mis à rude épreuve ses nerfs d'ancien joueur du FCAG et de Lombez-Samatan.
Il a, tout d'abord, abordé cette rencontre avec une crainte : « celle de mésestimer notre adversaire. Nous avions joué deux fois contre Montpellier et deux fois, nous les avons battus. Avec Yann Malfato et David Vaillant, mes co-entraîneurs, nous avons veillé à ne pas sous-estimer la force de l'adversaire ». Bien leur en a pris puisque les Montpelliérains ont donné des sueurs froides au banc auscitain.
Vingt minutes de désespoir. Durant les vingt premières minutes du match, les Auscitains laissent les Héraultais prendre l'avantage dès l'entame. « Je crois qu'ils ont été paralysés par la pression mais ils se sont repris. Nous avions insisté sur l'importance de ne pas commettre de faute car, dans une finale, c'est souvent le plus discipliné qui gagne. Une fois libérés de cette pression, ils sont - enfin ! - entrés dans le match. Une fois que la mêlée, notre point fort, a repris le dessus, je me suis dit qu'on pouvait gagner ». C'était sans compter sur les dernières minutes « terribles ». Menant 23-9, Auch laisse remonter Montpellier jusqu'à 23-21. « Et moi, je continuais d'exhorter mes gars de ne pas faire de faute. Ils ont su garder leur sang-froid, il faut le souligner car ce n'est pas évident lorsque l'on veut tout faire pour empêcher l'autre d'avancer ». Mike Lebel a vécu le coup de sifflet final comme une véritable libération. Une explosion de joie. « Je suis très ému de cette victoire car, comme le match à Lectoure face à Agen, cette rencontre a été dure. Certains garçons m'ont remercié, j'en ai été très touché. »
Ce titre de champions de France n'était pourtant pas évident en début de saison car le groupe avait été largement remanié. Chacun a donc dû faire sa place dans l'équipe. En cela, le stage d'une semaine au lycée Saint-Christophe a joué un rôle important pour la solidité des liens entre les joueurs. « Je reste persuadé que c'est la solidarité du groupe qui nous a fait gagner. Plusieurs joueurs se sont révélés cette saison, surtout Arnaud Etchegaray et Constant Justumus. Des joueurs comme eux possédaient des qualités mais ce sont leurs copains qui les ont aidés à les trouver. Pour un entraîneur, c'est certainement la plus grande joie. Quand tu arrives à amener un gamin à son meilleur niveau, c'est le plus beau cadeau qu'il puisse te faire. »
L'une des raisons de la réussite des jeunes auscitains est également le lien entre l'équipe 1 et les Espoirs. Plusieurs joueurs de « la une » ont joué en Espoirs, parfois même acceptant d'y être remplaçant. « Lorsque les joueurs de la une ont évolué en Espoirs, ils ont donné autant d'énergie que s'ils se trouvaient dans l'équipe phare. Voir que les anciens se défonçaient autant qu'eux a motivé les plus jeunes. » Autre cause de ce succès : « les joueurs n'ont pas été ménagés ». Pour l'entraîneur, malgré un staff réduit (quatre personnes à l'encadrement, alors que l'équipe 1 en compte dix-sept), « tout n'a pas été rose. Nous avons demandé beaucoup aux jeunes. Parfois, nous avons joué à dix-neuf avec des blessés sur le terrain. On leur a imposé de gagner quand même. Nous les avons aussi obligés à faire une séance de physique supplémentaire par semaine. C'est pour tout cela que je suis heureux de les voir champions de France. Cette victoire, ils l'ont gagnée. J'espère que cela leur donnera le goût de l'effort pour la suite de leur parcours. »
Pour l'an prochain, Mike Lebel ne sait toujours pas s'il sera à Auch. Il attend des nouvelles du club.