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BOURGOIN - AUCH Morituri te Salutant

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Lou BERET
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MessageSujet: BOURGOIN - AUCH Morituri te Salutant   Lun 24 Mar - 14:14

BOURGOIN - AUCH

La PROD2 en pente douce

En cette période Pascale , l’espérance et le renouveau devraient être porteurs d’espoir , pour rallumer la flamme vacillante de la victoire dans les yeux de nos joueurs , mais ce sont plutôt des cierges qu’il nous faudra allumer samedi prochain , dans ce derby de l’ orgueil qui e propose à nous
Vaincre pour entretenir la promesse de reconquérir la treizième place synonyme d’espoir , et retarder encore quelques semaines la marche funèbre en pente douce vers la deuxième division .
Vaincre enfin ou baisser la garde , en donnant raison à nos détracteurs qui s’acharnent avec une pointe de suffisance à nous faire faire sentir que nous ne sommes toujours pas invités à évoluer en élite

Derrière la prestation limitée des hommes de Pierre Broncan , réduits au minimum syndical de la défense , insuffisant pour une équipe certes remaniée , privée de son capitaine Stephen Saint Lary mais qui ne put opposer que son courage et sa solidarité et proposa trop d’insuffisances dans le jeu offensif , la vitesse d’exécution et l’art de la contre attaque, sont indispensables dans pareil contexte pour espérer rivaliser et contester la main mise des Isérois sur la partie .
Au final les Gersois concèdent une nouvelle défaite sèche comme un coup de trique (36 à 0) à Pierre Rajon à Bourgoin, devant les hommes d’Eric Catinot, qui instruit de sa culture Oyonaxienne n’avait surtout pas mésestimé une équipe Auscitaine mixte , au point de ne jamais la laisser espérer ni respirer

Isère , misère, ce nouveau revers nous porterait il à sonner les cloches à une équipe Auscitaine remaniée mais courageuse , pou être sortie Fanny de Pierre Rajon
A quoi bon accabler nos joueurs groggy pour ce premier zéro pointé
en Top14 , et la saveur amère d’une déculottée, si Forest n’avait pas vendangé un essai dans l’ en-but Gascon , perturbé par la course désespérée du régional de l’ étape Nicolas Bontinck qui mouilla le maillot et hissa les couleurs mais ne put rien
.
Ce zéro ne passe pas , non pas qu’il traduise un quelconque renoncement , au vu de l’ardeur mise au combat des regroupements , les Auscitains luttant pied à pied devant le pilonnage inexorable des ciels te grenats dont on sentait bien l’issue inéluctable .
Ce score nul ne passe pas, car il montre une forme d’impuissance à ne jamais pouvoir renverser la pression en s’appuyant sur le centre ou la puissance de pénétration et la vitesse d’exécution sont vitaux , voilà le talon d’Achille de l’équipe du jour privée encore de Nicolas Pagotto , david Spicer , Mehadji Tidjini et de Thierry Brana forfait de dernière minute

Le FCAG ne disposait pas des forces lui permettant de franchir les barbelés berjaliens , eux m^me résolus à se réconcilier avec le public de Rajon , là même ou les ciels et grenats ont écrits les plus belles pages des intraitables avant de rentrer dans le rang de l’ordinaire ces dernières saisons .

Les Gersois toujours solides et solidaires devant , à l’ image de l’ espoir Caisso omniprésent bien relayé par un Sergio Valdez actif et concerné ; bons en mêlée fermée ou Alexandre Barozzi lève de nouveaux espoirs , pour avoir relevé impeccablement le défi de sa confrontation avec l’expérimenté Olivier Milloud ; mais quitte à se répéter , notre FCAG , privé de son accélérateur Thierry Brana manquait cruellement de vitesse et de pénétration au centre ,pour prétendre exister au plus haut niveau

Dans cette équipe courageuse et solidaire , Les âmes bien nés et le caractère ne manquent pas , mais ce groupe est orphelin de quelques meneurs d’exemple ; capable de secouer la meute et contester l’évidence .
Ce mélange d’expérience et de caractère qu’incarnait au sommet de son art Grégory Patat
En l’absence du capitaine Stephen Saint Lary , ces fortes têtes ne seraient pas de trop, pour libérer l’équipe de l’étreinte adverse , sortir de la hargne défensive féroce ou elle se cantonne ; pour d’une coup de pied bien senti ou une charge volontaire inverser la pression .
Encore une fois , nos « irréductibles « ne cédèrent rien aux coups de boutoir des hommes d’Olivier Milloud, debout sous la mitraille , et le pilonnage de la ligne
Ne concédant , au plus fort de cette domination Berjallienne qu’un essai de pénalité concédé par Mr Hadj Bachir
Coups de Béret du jour pour une équipe qui n’a pas déméritée
Pierre Aguillon, Nicolas Bontinck , Antoine Battut,Karim Dhabi, Olivier Caisso , Sergio Valdes,Badel , Alexandre Barozzi

Les mots s’effacent désormais devant les actes et le serment d’une équipe libérée de toute pression négative pour se réconcilier avec son public et avec elle-même
Une équipe ardente et joueuse ,.

Evidemment qu’il faudra proposer autre chose pour exister samedi devant des Dacquois revigorés par une troisième victoire à domicile conquise avec les tripes devant Bayonne, La landaise aux yeux noirs , forte de ses dix points d’avance au classement , prête au paséo , pour enterrer les derniers rêves de maintien Auscitains ; charrue tournée vers les étoiles de la treizième place synonyme de maintien , si Albi notre cousine d’infortune ; devait être rétrogradée pour raisons administratives
Professionnalisme quand tu nous tiens, le rêve s’efface au pays du réalisme froid , Morituri te salutant les gladiateurs et leurs équipes succombent dans la chaleur des regroupements d’intérêts sans pitié pour les faibles
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sebastien
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MessageSujet: Re: BOURGOIN - AUCH Morituri te Salutant   Mar 25 Mar - 20:48

Bien beau texte, à mon avis (1), Lou Béret, où l’on retrouve un peu de ce calme qui dés’époumonne ton lyrisme, le rapproche de la cheminée, le fait songeur.. Mais deux pourquoi :

Premier pourquoi ?
Que viennent faire cette saison les prétendues offenses de « nos détracteurs qui s’acharnent avec une pointe de suffisance à nous faire faire sentir que nous ne sommes toujours pas invités à évoluer en élite ».

Personne ne cherche à nuire au club. Jamais il n’a été aussi soutenu par les tribunes - grâce à UPT – que cette saison ; quant aux deux forums, l’un ferme résolument son clavier (UPT) et celui de Christian fait preuve de.. modération..

A quoi cela a-t-il servi cette saison par exemple, de vouloir sauver la peau d’un joueur – on ne va pas en reparler cent ans ? Ou à incriminer la Presse ? Comme si nous ne la chérissions pas, lorsqu’elle nous peint à des couleurs qui nous plaisent ?

Second pourquoi ?
Par ailleurs, « la chaleur des regroupements d’intérêts sans pitié pour les faibles.. » laisse à croire que le FCAG mépriserait l’argent, alors qu’il court au cul des sous.. Suffirait-il qu’ils y viennent, ces sous, devenus soupe pour chacun au club ils sentiraient bon, tu ne crois pas…
Ceux qui cocotent sont dans la poche des autres..

Beaucoup aimé tes bonheurs d’expression, et lucidités par ex :
- Au final les Gersois concèdent une nouvelle défaite sèche comme un coup de trique (36 à 0) à Pierre Rajon à Bourgoin, devant les hommes d’Eric Catinot, qui instruit de sa culture Oyonaxienne n’avait surtout pas mésestimé une équipe Auscitaine mixte, au point de ne jamais la laisser espérer ni respirer … Isère , misère.. la saveur amère d’une déculottée..

- Ce zéro ne passe pas, non pas qu’il traduise un quelconque renoncement , au vu de l’ardeur mise au combat des regroupements , les Auscitains luttant pied à pied devant le pilonnage inexorable des ciels te grenats dont on sentait bien l’issue inéluctable.
Ce score nul ne passe pas, car il montre une forme d’impuissance à ne jamais pouvoir renverser la pression en s’appuyant sur le centre ou la puissance de pénétration et la vitesse d’exécution sont vitaux, voilà le talon d’Achille de l’équipe du jour privée encore de Nicolas Pagotto, david Spicer, Mehadji Tidjini et de Thierry Brana forfait de dernière minute..

- Ce mélange d’expérience et de caractère qu’incarnait au sommet de son art Grégory Patat..
- Sortir de la hargne défensive féroce ou elle (l’équipe) se cantonne..

---------------------------
(1) Beaucoup de vanité à juger…
Je viens de tomber sur un texte qui évoque ce penchant :
« Le compagnon Bèze, avait « un faible pour lui-même » et voulait « rester toujours supérieur aux autres »..
Il s’agit d’un portrait de compagnon, lu dans « Ils voyageaient la France » - Poche (magnifique !)
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duddu
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MessageSujet: Bonsoir   Mar 25 Mar - 22:40

Bonsoir

Avec quelques autres bouquins il fait partie de ceux que je relis chaque année plutôt deux fois qu'une tant il est d'actualité et d'un intêrét général .
Magnifique livre en effet que « Ils voyageaient la France » - Poche !!
Je le conseille à tous !
J'aurai envie de parler d'un autre livre que je viens de finir et tant pis pour le hors sujet mais le livre est magnifique , roman et histoire ,histoire d'un peuple ,les Mongols et d'un mode de vie ,histoire d'un animal , le Loup et de son mode de vie et des leçons qu'il a donné à ces Mongols !
Je ne saurai trop vous conseiller de vous y plonger dedans ,565 pages de toutes beautés ,un peuple et un animal à découvrir ou redécouvrir !
Désolé pour le hors sujet mais je me fouetterai deux fois et avec un blouson de cuir pour pas avoir mal lol

Kiss
PS: Lisez le et vous m'en direz ... que du bien ....Dans la même lignée ,histoire d'"un enfant et à travers lui d'un mode de vie accroché à ses racines indiennes dans un monde qui bouge trés vite pour ne pas dire trop vite .. (les Peaux Rouges pas les autres ! ), aussi , vraiment ,à lire ,simple et beau comme la vie :
"Petit arbre" de Forrest Carter ,Magnifique !!
Promis je me refouetterai lol mais tjours avec le blouson :! hihihi
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MessageSujet: Re: BOURGOIN - AUCH Morituri te Salutant   Mar 25 Mar - 22:53

"Petit arbre" - commandé sur Amazon.fr (comme il est vendu 5,23€, j'en ai commandé trois pour cadeaux)

As-tu lu "Chroniques ovales" ? De Jacques Verdier (Midol) ?
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Pres ci après, comme j'ai senti le bouquin et l'homme, très émouvant.
Lire aussi de JV "L'automne de Vincent"..

Jacques Verdier
« Chroniques ovales »

Il vient de se passer quelque chose de très joyeux le premier août 2006 à 18h à Auch en Gascogne.
Je dépose trente exemplaires de « Croquis de rugby » - enfin sorti - à l’Espace culturel Leclerc.. En compagnie d’une dame chef de rayon aux yeux bons et dédiés au sourire de lire.

Nous cherchons la meilleure place pour la mise en scène de mon gentil bouquin copain.. et tombons sur trois exemplaires des « Chroniques ovales » de Jacques Verdier, Directeur de la rédaction de Midi Olympique… Alias Midol, vous savez « ce cher Midi Olympique au papier maïs de fumeur d’inquiétude.. » dit Jean-Loup Dabadie.

Nous voici côte à côte. Ce hasard me touche. Je fais partie de ceux qui s’émerveillent au lieu de rancoeurir.

Un mot de ces « Chroniques ovales » - Elles rassemblent des notations prises au jour le jour par Jacques Verdier, simple journaliste (si l’on peut dire) avant de diriger la rédaction du Midol (une nouvelle révolution est attendue à la rentrée, me dit-il, avec une chaîne TV, un site Web neuf – quand dort-il ?)

Pendant ces vingt dernières années, Jacques Verdier a tenu la main courante de qui il croisait, interviewait, haïssait, suspectait, adorait.. Une grande pudeur de sentiments sous tend le récit. Culture anglo-saxonne du « facts & figures » (des faits et des chiffres) que cette sobriété ? Oui, mais aussi une colonne vertébrale morale dont on sent chaque os.

On jurerait que Jacques Verdier a pris ces notes scrupuleusement pour un jour trancher sa vie : en voilà pour 20 ans. Il nous les donne. Pour lui il est temps, au fait, de quoi ?

Très gros livre, écrit petit, un « pavé » comme l’on dit.. donc on sera pendant des semaines dans la bonne compagnie de TOUT ce qui a fait le rugby en Argentine, en Italie, en Nouvelle Zélande, en Australie.. et en France, à Toulouse, Agen,Toulon, Dax ou Perpignan.. et même Auch où nous assistons – page 458 – à un extraordinaire portrait de Henry Broncan (que Jacques Verdier surnomme « le sourcier » et non le sorcier, ce qui lui convient mieux... La source n'est-elle pas plus proche de Manon que le Docteur Mabuse ?)

« Passionné par la résistance et l’histoire des hommes soudainement placés dans des situations extrêmes.. Qui devient salaud ? Et qui héros ? D’où vient le courage et la lâcheté ? Et la faiblesse ? Ce sont des questions qui le fouaillent, essentielles.. C’est un bonheur de le côtoyer, de mesurer l’espérance qui l’habite.. »

La culture rugbystique de Jacques Verdier émerveille. Mais elle échappe au livre.. On a envie de dire heureusement, jusqu’à ce qu’il écrive..

Chaque page, ce sont, en effet, des soirs et des hommes, des terrains et des foules, des trognes et des phrases jetées sur la balance dont l’aiguille frissonne. Tel est le reportage ! Des yeux énigmatiques et malicieux (Jean Pierre Rives), des furibonds (Ferrasse), les faux rebonds de faux culs, des combats des chefs (Fouroux contre le reste du monde).. une formidable anthologie de ce que le rugby respire entre 1985 et aujourd’hui.. Vivant ? Palpitant ? Oui. Et partout mieux que cela : Janséniste du côté de l’intégrité.

Sincère, bien sûr, mais pourquoi ? Parce que Jacques Verdier chasse le vrai des personnes, ce qu’elles ont sous le mutisme ou la harangue. C’est la retenue même de son style qu’on y voit partout des patients à qui il aurait dit : « Déshabillez-vous » ! Jacques Verdier se refuse les facilités d’écrivains musiciens. Il dégage le sens.. L'artère bat!

Livre magnifique de chez magnifique et formidable de chez mon ami..

*

Encore un mot de ce livre aussi émouvant que "L'usage du monde" de Nicolas Bouvier.. d'un autre monde qui serait le même ?

*

Voilà donc 20 ans de rugby, une vingtaine de pays aussi, 500 pages, 600 personnages, un trésor par feuillet. Il y a deux entrées dans ce livre où les cadeaux s’amoncellent comme au pied d’un arbre de Noël, bonheurs d’expressions, justesse des croquis, émotions : l’alphabétique (on retrouve tous les personnages à la fin du livre et les pages où ils apparaissent). Et la chronologique, match par match, saison par saison.

Passionnant auteur pour un sport enthousiasmant. Ils ont, cet auteur et ce sport, quelque chose de constituant en facteur commun au cours de deux mi-temps. Pour Jacques Verdier il s’agira du double rythme auquel bat son cœur. Ce qui lui fait construire son récit sur deux modes, l’énergie et l’élégie.

Energie, comme une rage depuis la mort (il avait moins de dix ans) de son père, ce qui lui fera sans cesse revendiquer qu’il mérite d’en être le fils.
Et puis élégie, spleen de l’impossibilité à faire revivre ce papa que l’on retrouve sans cesse lors de descriptions de montagnes de brumes, de pluies sur les cils. Mais s’agit-il de la pluie vraiment ?

Une autre alternance, plus stylistique, fait alterner le court et le long, la synthèse et la drôlerie, les lents glissements vers la tendresse. A l’attention de Jacques Fouroux, par exemple, qui l’insupporte au début du livre et qu’il finit par aimer vraiment, c'est-à-dire comme un grand frère dont on devine les désarrois..

Encore une césure : la rupture brutale (quelques années) qui sépare le rugby d’antan et le professionnel. Accélération palpitante, oui, mais aussi déchirante, de la modernité. Songez que des projets envisagèrent à la fin du siècle dernier une élite jusqu’à 80 clubs alors que l’évolution du jeu n’en retiendrait que 14.. C’est dire la confusion, les frissons, les convulsions qui présagèrent la fin des crampons en cuir et des héros tannés à l’ancienne.

Pour faire image, on peut se rappeler « La gloire de mon père » dans la scène où le père de Marcel Pagnol est initié à la chasse par son beau frère. Souvenons nous : ils punaisent un journal sur la porte d’une cabane faisant office de WC au fond du jardin et tirent pour mesurer l’éparpillement des plombs. C’est aussi l’occasion d’apprendre à épauler, viser.. Jusqu’à ce qu’à court de cartouches ils entendent de derrière cette pauvre porte en bois la voix intimidée d’une jeune bonne « Et maintenant je peux sortir ? » Elle venait de risquer sa vie accroupie sous les détonations..

L’image est utile à comprendre ce qui se passe alors dans le rugby français, si l’on transpose les impacts d’une cartouche de plombs de 12 et ceux d’une cartouche de chevrotines sur une carte de France.

Dans le premier cas « il y en a partout ». Veut dire que le rugby des petites villes vit ; dans le second seules quelques grandes en prennent.. Passer de quatre vingt à quatorze, c’est véritablement faire un choix de civilisation.

Mais le rugby de ces vingt dernières années ne se résume pas à cela. On lit le plus souvent, sous la plume de Jacques Verdier une manière bien à lui dont l’écrivain tianque, avec sa jambe de force et son autre de rage, entre le grave et le rire : une permanente quête du Graal qui lui fait écrire « Je suis toujours dans une attente de ferveur offerte à l’autre.. »

Et même si Jacques Verdier fait dire ces mots à l’un de ses personnages, on jurerait qu’il passe là le ballon à son père..

Un père dont on discerne la colonne vertébrale morale, os par os. C’est à dire la gentillesse vraie, l’ouverture d’esprit, l’aptitude à la joie, la vérité d’être, l’ardent scrupule de donner du sens à sa vie !

A cet égard « Chroniques ovales » sont un testament de fils ! Un paradoxe, n’est-ce pas ? L’enlacement d’un enfant à un père immense, tel qu’il dut lui paraître à huit ans.. Comment ne pas rêver de l’enlacer pour grandir ?

Au sujet des valeurs qui ont fait de l’os en Jacques Verdier, on s’étonnera d’y trouver, telles que je les liste, plus d’humanité que de guerroiements. Assez peu d’ergots de l’ego.

Qu’il me permette de m’en expliquer avec une image et une prise de position. On verra qu’il ne s’agit pas de celle du tireur couché..
L’image : quittant ma ferme, j’entame les deux cents mètres de chemin de cailloux allant vers la minuscule départementale appelée « côte de Bistanflûte ». A mi chemin, un faisan, sa faisane et cinq petits. La poule ameute ses minuscules sans un cri et en dix élancements disparaît avec sa nichée dans les blés où chacun piète.. Pendant ce temps, Monsieur dresse son cou, tutoie le monde, semble lui dire « de quoi ? de quoi ? ». Et plouc arrogant autant qu’imbécile poursuit sa route devant moi.. Si j’avais eu un fusil, je n’aurais pu tirer ni la mère ni les enfants, mais ce paon, oui. Dix fois il me donnait l’occasion de faire « pan pan »..

Il y a des hommes, comme cet animal exhibitionniste, qui me rappellent aussi le rut des dindons, l’érectile ergot qu’ils ont sur le crâne lorsqu’ils se gonflent en dressant les plumes qu’ils ont au cul..

Le parti pris à présent : dès que l’on parle de tendresse chez un homme, pas mal de prétendus couillus se bouchent le nez. Ceci me fait rire pour plusieurs raisons.

Raison 1 : « la langue va où la dent fait mal », autrement dit celui qui se moque le plus de la tendresse balance son eau bénite pour conjurer un diable qui possiblement l’habite. Mais il ne saurait l’avouer, en jouir, la recevoir ni la donner..

Raison 2 : je n’ai jamais entendu aussi souvent que dans la bouche de piètres pères et de mauvais maris, le plus souvent trompés, de ces rodomontades de matamore dans le genre « On n’est pas des pédés quoi ! »

Raison 3 : comment nous expliquer que la générosité, la richesse affective de l’homme ne soit pas vue comme sa vraie richesse ?

*

Pour revenir à Jacques Verdier, il est impressionnant de noter à quel point cet auteur est sensible à la gentillesse, à la mesure, au souci d’élargir le champ avant de prendre position. Son refus de la violence gratuite est patent. En témoigne son affection pour Vincent Moscato, Jean Pierre Rives, Jeff Tordo, Jeff Tordo dont il dit par exemple :

«J’adore ce type : ses silences recroquevillés, cette gêne du regard qu’on lui voit, parfois, sous la mitraille des questions, sa tendresse comme un passeport, ses airs à tout casser, sa bravoure incroyable, sa générosité de même.. » ..

Au total, ces « Chroniques ovales » sont un livre extraordinairement nostalgique et amoureux., un livre « inspirant » qui file une énorme pêche. Sans doute celle à l’origine de tous nos mouvements vers quelque chose, lorsque nos vies prennent du sens.

Jacques Verdier aurait pu écrire en exergue : « On cherche une ligne de chance dans sa paume. Si on a du bol, on trouve le rugby ! » En tous cas, si l’on ouvre « Chroniques ovales » (en nous identifiant au lecteur tel que le décrit Antoine Blondin « lecteur qu’une minute d’égarement a mis dans le cas d’avoir à me lire »), on ne peut qu’ajouter que cette « minute d’égarement » dure comme le bonheur.

A preuve ? Lu ce qui suit sur le forum du Club de rugby de Auch en Gascogne :

« Finalement, y en a trop, c’est trop bon.. A chaque page son trésor, sa formule magique, son coup d’émotion, sa clarté de vue, ses cahots, l’invieillissable renouvellement de la passion, l’obstination et l’oblation à refaire un monde que notre bon Dieu n’a pas achevé en croyant que tout était arrivé au septième jour parce qu’un hagiographe lui avait dit :

« Sept, c’est pas mal ; on devrait s’arrêter là ; et puis ça pourrait servir aussi pour le Loto, les plaies de l’Egypte, les pêchés capitaux, les nains d’Alice au pays des merveilles.. »

Alors Dieu s’est laissé prendre ; il a commencé à ronfler. Quand au monde, il nous resterait à le terminer ; je ne dis pas peaufiner, non, mais à re-malaxer, à repartir à la pâte, puis au souffle sur la côte d’Adam pour qu’Ève vienne et qu’il nous en naisse de beaux rugbymen..

Jacques Verdier, on pourrait en effet résumer son prodigieux bouquin avec cette confidence : « Nous sortions, mes fils et moi de deux journées non stop de tennis… Guillaume, mon aîné : « C’est bien le tennis, mais ça ne vaut pas le rugby.. » Son père ajoute : « Transmission de pensée ? Télépathie ? J’étais justement en train de penser la même chose au même moment.. Et alors ? Et alors, rien.. »

Après quoi, le silence, l’éblouissement d’avoir deux fois donné sa vie : et d’une à des fils, et de deux à l’atelier de mise en lignes du plus beau sport du monde.

Ah ! comme on est heureux que certains journalistes aient pris la relève des querelleurs du ciel (parce qu’en plus, les bon Dieu il y en a beaucoup et ils ne sont pas si fair play que ça, ni entre eux, ni avec nous ) !

Donc, chers amis du forum, plutôt que de vous éparpiller les pépites que contiennent chacune des « chroniques ovales » de Jacques Verdier, je vous propose une dernière citation. On peut la qualifier de cri du cœur, d’oraison, d’incantation, d’aveu.. en tout cas elle me semble dire la vérité de ce livre.

« 15 mai 2003
« Tout de livre en témoigne : le rugby aura tenu une place considérable dans ma vie. Je m’y suis enfoncé, je m’y suis planté, comme d’un socle de charrue dans la terre. Je ne pourrai plus, le voudrais-je, y échapper au profit du premier songe qui passe..

Après trente ans de rêve, de divagations ridicules, j’en suis toujours à faire ce constat ébloui : le rugby me passionne comme au premier jour.. »

On a envie (pas vous ?) de répondre à Jacques Verdier : « N’oubliez pas, Jacques, nous n’en sommes qu’au septième jour et vous n’avez pas le droit de vous endormir béat comme Dieu l’a fait ! N’oubliez pas ce que vous écrivez ailleurs :

« Denis Lalanne vient de terminer un livre sur Antoine Blondin… Je me réjouis à cette nouvelle.. Denis a 76 ans.. Cela me laisse trente deux ans pour espérer écrire des livres que je n’ai jamais osé formuler.. »

Attention, c’était en 2002, Jacques.. Ne reste plus que.. heu ! pas mal de temps quand même..
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duddu
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MessageSujet: Bonsoir   Mar 25 Mar - 23:01

Bonsoir

« Chroniques ovales », aussi dans ma Bibliothéque ..Aurait on les mêmes gouts ??
Rien ne serait moins surprenant ...

Kiss
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sebastien
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MessageSujet: Re: BOURGOIN - AUCH Morituri te Salutant   Mar 25 Mar - 23:08

pour les voyages.. sans doute connais-tu Nicolas Bouvier..
sinon :
Nicolas Bouvier :« Œuvres », parmi lesquelles : « L’usage du monde » écrit à vingt quatre ans ! Stupéfiant ! ». (Chez Gallimard)

Stupéfaction qu'un si jeune homme ait eu sitôt à la fois tant de fraîcheur de peintre, de musicien et tant d'âge..

Chaque accompagnement de ses lignes est une fraternité.

Bien sûr il y a la mélodie, et elle est souvent sublime... Bien sûr il y a l’enchantement de la prosodie.

Mais il y a aussi ceci d'extraordinaire : Nicolas Bouvier ne "joue" jamais la musique du langage ! Le sens est là où l'archet est !

C'est la première fois que je rencontre pareille authenticité. Celle d’un curieux qui semble pourtant tout savoir.. Alors qu’il découvre chaque lueur, fraîcheur, amorce de vérité !!

Combien les lecteurs de Nicolas, les covoituriers de sa générosité, les déambulateurs de sa pudeur, les émerveillés par sa tendresse si lucide, combien il est important pour eux de penser qu’une onde l'a accompagné, raccompagné puis le prolonge... perfection humble de son artisanat de la clairvoyance..

Quelle harmonie ! Quelle tziganerie de l'archet, avec l'envie, le chagrin, la pitié, l'émerveillement de la vie, sa transe, son respect, et l'abandon au fond de cela de l'enfant trouvé.. Qui aura parcouru sa terre, la nôtre !

Quand on a lu Nicolas Bouvier, on ne peut plus regarder comme avant, ni pays, ni gens. Il est un de ces si rares hommes à réaliser nos métamorphoses, l'avènement de ce que nous n'osions espérer : que l'homme fût bon pour l'homme, dans le regard qu’il y pose. Et que la longue route soit aussi celle des contrebandiers d'aimer la paix.
js
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Lou BERET
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MessageSujet: Re: BOURGOIN - AUCH Morituri te Salutant   Mer 26 Mar - 10:33

duddu a écrit:
Bonsoir

Avec quelques autres bouquins il fait partie de ceux que je relis chaque année plutôt deux fois qu'une tant il est d'actualité et d'un intêrét général .
Magnifique livre en effet que « Ils voyageaient la France » - Poche !!
Je le conseille à tous !
J'aurai envie de parler d'un autre livre que je viens de finir et tant pis pour le hors sujet mais le livre est magnifique , roman et histoire ,histoire d'un peuple ,les Mongols et d'un mode de vie ,histoire d'un animal , le Loup et de son mode de vie et des leçons qu'il a donné à ces Mongols !
Je ne saurai trop vous conseiller de vous y plonger dedans ,565 pages de toutes beautés ,un peuple et un animal à découvrir ou redécouvrir !
Désolé pour le hors sujet mais je me fouetterai deux fois et avec un blouson de cuir pour pas avoir mal lol

Kiss
PS: Lisez le et vous m'en direz ... que du bien ....Dans la même lignée ,histoire d'"un enfant et à travers lui d'un mode de vie accroché à ses racines indiennes dans un monde qui bouge trés vite pour ne pas dire trop vite .. (les Peaux Rouges pas les autres ! ), aussi , vraiment ,à lire ,simple et beau comme la vie :
"Petit arbre" de Forrest Carter ,Magnifique !!
Promis je me refouetterai lol mais tjours avec le blouson :! hihihi



je ferai court , une fois n'est pas coutume !

pour aimer les autres j'ai l'intime conviction qu'il faut avoir un peu d'estime pouir soi , en ce sens qu'elle te donne l'impulsion , la confiance nécessaire pour se livrer avec générosité dans nos échanges , confiant dans son rapport à l'autre , parce qu'on est en paix avec soi même
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