Article La Dépêche : « Broncan parle ! »
http://www.ladepeche.fr/article/2009/01/14/523559-Auch-L-ancien-manager-Broncan-s-exprime-sur-la-crise-du-FCAG.htmlQuel exceptionnel bonhomme que Henry Broncan.. !
Petit retour en arrière. Il quitte Auch sur un programme agenais oh combien alléchant : le bouclier de Brennus en trois ans.. C’est « Agen 2010 ».
Las, le sportif s’effondre et voilà la relégation. N’importe quel crâne aurait explosé. Celui de Broncan ne bronche pas. Il s’attelle au métier, comme la fourmi sait faire une fois que le pas du passant a détruit la fourmilière..
Avançons un peu dans l’histoire, on ne l’aime pas tant que cela à Agen, le petit père du peuple gersois. Les agenais ont souvent eu, comme ça, des regards souverains et hautains pour leurs voisins. On se demande « c’est qui, celui-là ? » certains ajoutent « ce petit vieux » et ils précisent « surtout dans sa tête », ils complètent par « voyez-vous, votre papi il nous la joue guerre de quatorze ; se rend-t-il seulement compte que des avions volent et que le rugby a changé ? » . Bon, voilà Broncan relégué aux premiers tâtonnements de la mécanique ; il aurait encore devant lui ses vaches dressées pour guider la première lieuse. Il rejoint le panthéon des archaïqueries inspirées, certes, mais passées..
Pour faire bon poids, voilà que se pointent Deyleau et Lanta, de vrais agenais, eux, qui savent l’orgueil et tout et tout, la modernité, les machines sans vapeur, les TGV, presque les ordinateurs.. Retour à la maison des enfants prodigues, et le vieux au fond de quelque puisard..
Le temps passe un peu, puis plus qu’un peu et si l’on consulte aujourd’hui les blogs du SUA, ce ne sont plus qu’éloges pour le trio, les nouveaux-anciens-venus et le patriarche.. Sans parler du sportif aux anges..
Que s’est-il donc produit en aussi peu d’années ? Pour que l’ancien bretteur sorti du fond de sa campagne agrège les résultats sportifs et les assentiments ?
Il s’est passé le temps, la patience, l’inimitable faculté de Henry à comprendre le rugby comme un horloger penché sur des « montres à complication » que seuls quelques artistes savent construire pendant parfois 5 années durant avant qu’elles ne donnent lune étoiles, signes zodiacaux et ascendants, plus mille autres paramètres rendant compte des marées, et pourquoi pas des hyménées ?
Il s’est passé que le tamis qu’il est aussi a depuis cinquante ans vu passer le sable et su retenir le diamant. Il s’est passé que l’intégrité – quasi intraitable – de cet accumulateur de fiches remplies de graphes minuscules mais tous signifiant quelque chose dans la marche du temps, il s’est passé que cette ponctualité dans les rendez-vous de Henry Broncan avec l’intuition, l’observation, la rage d’y aller, la pertinence des prémonitions concernant les personnes, il s’est passé que ce savoir parler aux joueurs unique avec un seul mot, ici ou là, toujours adapté à chacun et ne s’adressant qu’à lui seul, il s’est passé que ces mots là qui les font, l’un puis l’autre, se réveiller la nuit pour les entendre dire la vérité, il s’est passé qu’à force de brasser des données, des intuites, qu’à force de corréler des faits nains en apparence, qu’à force de vouloir savoir, notre alchimiste a bien fini par pondre aux agenais ce qu’il avait sorti de sa casquette d’illusionniste pour Auch..
Quel talent ! Quel émerveillement d’y penser.. même si, pour le reste de son article, on n’est pas obligé de partager la totalité de ses points de vue. Au demeurant si mesurés..
Avec, quand même, un fichu doute : et si c’était lui dont le regard le mieux perce.. ?
À moins que parfois la fidélité en amitié ne fausse un poil le jugement.. ? Il paraît qu’ils sont comme ça, ceux qui ne savent reprendre ce qu’ils ont donné.
Au fait, Cyril Chavet joue samedi…