André Boniface - « Quelques rebonds de mon histoire » - Midi-Olympique Editions.. Ecrit par Jacques Verdier en commentaire d’une très émouvante collection d’images…
André Boniface est un homme qui va bien à Jacques Verdier. Même sa morgue passée qui est son silice. La face criarde de l’interdit. La réversibilité de l’orgueil…
Il y a dans le même mot silice aussi la pierre. Leurs silhouettes sont dressées par des temps qui ne rigolent pas. Ils ont leurs dehors dedans. Paradoxe géologique, car ce qui résiste à l’érosion sont la tendresse et le désarroi..
Pour l’écriture de Jacques Verdier, un triptyque : la précision, la musique et le sens... Son Mécano a des boulons : les matchs. Ce devait être l’un des must de la complicité d’André avec Guy : éteindre la lumière et rejouer les rencontres, ralentir, élargir le champ, faire arrêt sur image.. Jusqu’au clap de fin : deux mains, celle du cadet qui meurt dans celle de son frère qui ne renaîtra tout à fait jamais..
Des mots voulus par Jacques Verdier, goulus d’avoir leur chance, comme ces « croix pantelante ». ou ces « arômes sournois », des verbes appropriés mais inattendus, qui rebondissent sur son admiration pour Julien Gracq. Elle s’insinue entre le stylo et le burin, la plume et la gravure, le suave et l’âpre.
En subliminal, cette citation (qui ne s’y attendrait ?) « Pour une fois, il n’y aura pas d’impudeur d’avouer que Guy était pour tous ceux qui ont eu la grâce de l’approcher l’un des plus beaux ornements de l’existence et que, même s’il n’avait pas touché un ballon ovale, il aurait été dans sa nature d’entrer dans la vie des autres comme le soleil se lève ».. Ce qui fait le grand frère gardien d’un autre temple…
D’ailleurs, les photos montrent plus souvent Guy marquer que son frère – André a donc fait son choix de reparcourir avec Jacques Verdier « un de nos petits footings à travers la forêt landaise.. C’étaient des entraînements hors équipe. Ces moments partagés étaient merveilleux… » Il a du lui en dire merci, d’un vol de pigeon sur son épaule. Entre statues, on ne s’incline pas.
Bouleversant bouquin.